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Les HMO pour l’eczéma

Une nouvelle addition à l’arsenal thérapeutique
27 mai 2026 par
Biomh

Qu'est-ce que la dermatite atopique ?


La dermatite atopique (DA), également appelée eczéma, est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Elle résulte d’une combinaison de facteurs, notamment une prédisposition génétique, un déséquilibre du système immunitaire, des facteurs environnementaux et une altération de la barrière cutanée.


Ces dernières années, la recherche a également montré que le microbiome — la communauté de micro-organismes vivant dans et sur notre corps — pourrait jouer un rôle important dans la DA.


Le microbiome et la DA


Le microbiome cutané et le microbiome intestinal interagissent étroitement avec le système immunitaire. Lorsque ces communautés microbiennes deviennent déséquilibrées, une situation appelée dysbiose, l’inflammation et les symptômes cutanés peuvent s’aggraver (Hou et al. 2025).

Que se passe-t-il sur la peau ?

Chez les personnes atteintes de DA, le microbiome cutané est souvent moins diversifié et de plus en plus dominé par des bactéries potentiellement nuisibles, en particulier Staphylococcus aureus.

Parallèlement :

  • les bactéries bénéfiques peuvent diminuer,
  • les communautés fongiques peuvent se modifier,
  • et les métabolites microbiens protecteurs peuvent devenir moins abondants.

Ces changements peuvent affaiblir la barrière cutanée, perturber l’équilibre immunitaire et augmenter l’inflammation, rendant les symptômes plus sévères (Hou et al. 2025).



Que se passe-t-il dans l'intestin ?


Le microbiome intestinal semble également influencer la santé de la peau via ce que l’on appelle l’axe intestin-peau.

De nombreuses personnes atteintes de DA présentent :

  • des niveaux plus faibles de bactéries bénéfiques telles que Bifidobacterium, Lactobacillus et Faecalibacterium,
  • ainsi que des niveaux plus élevés de bactéries potentiellement nuisibles.

La dysbiose intestinale peut affaiblir la barrière intestinale (« intestin perméable »), permettant à des substances pro-inflammatoires de pénétrer dans la circulation sanguine et de contribuer à l’inflammation cutanée.

Ainsi, l’inflammation au niveau de l’intestin et de la peau peut s’auto-entretenir, créant un cercle vicieux d’inflammation et de déséquilibre microbien (Hou et al. 2025).


Pourquoi cibler le microbiome?


Restaurer l’équilibre microbien dans l’intestin et au niveau de la peau pourrait offrir de nouvelles opportunités thérapeutiques pour la DA.

Contrairement aux traitements qui visent principalement à supprimer les symptômes, les approches basées sur le microbiome cherchent à soutenir :

  • l’équilibre immunitaire à long terme,
  • l’intégrité des barrières,
  • et un environnement microbien plus sain.

La recherche montre que les prébiotiques et les probiotiques peuvent :

  • augmenter la diversité microbienne,
  • favoriser les bactéries bénéfiques,
  • et réduire les espèces potentiellement nuisibles.

Un microbiome plus sain peut également produire davantage de métabolites bénéfiques, notamment :

  • des acides gras à chaîne courte,
  • des métabolites dérivés du tryptophane,
  • et des acides biliaires secondaires.

Ces composés contribuent à réguler l’inflammation, à renforcer la fonction de barrière et à soutenir l’homéostasie immunitaire.


Comment les oligosaccharides du lait (HMO) humain peuvent-ils aider?



Les oligosaccharides du lait humain (HMO) sont des prébiotiques complexes naturellement présents dans le lait maternel.


Ils ne sont pas digérés par l’organisme, mais atteignent l’intestin où ils nourrissent sélectivement les bactéries bénéfiques, en particulier Bifidobacterium.


Les HMO identiques à ceux présents dans le lait humain et produits par fermentation pourraient aider à :


  • soutenir les bactéries intestinales bénéfiques,
  • augmenter les métabolites microbiens protecteurs,
  • renforcer la barrière intestinale,
  • réduire l’adhésion des agents pathogènes,
  • et soutenir la tolérance immunitaire.

Grâce à ces effets, les HMO pourraient contribuer à restaurer l’équilibre microbien, à réduire l’inflammation systémique et à soutenir indirectement la fonction de la barrière cutanée.



Par conséquent, les HMO représentent une approche prometteuse ciblant le microbiome dans la dermatite atopique (DA). En soutenant l’intégrité de la barrière intestinale, l’activité microbienne bénéfique et la régulation immunitaire, ils pourraient devenir un complément précieux aux stratégies actuelles de prise en charge de la DA.

Bien que les études précliniques montrent des résultats encourageants, davantage d’études cliniques bien conçues chez des adultes atteints de DA chronique restent nécessaires.



Références


Hou, Binbin, Huijia Shao, Donglin Yuan, et Elizabeth Huiwen Tham. 2025. “Microbiome cutané et intestinal dans la dermatite atopique : Mécanismes et opportunités thérapeutiques”.Allergie pédiatrique et immunologie36 (12) : e70265. https://doi.org/10.1111/pai.70265.